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De l’intérêt de la virtualisation dans le secteur de la santé

 

A chacun ses obsessions.  Une de celles qui a fait ma renommée – dans le seul contexte familial, je vous l’accorde – est cette capacité totalement déroutante qui consiste à réduire au minimum tout achat de produits qui ne seraient pas issus des contrées circonscrites à l’Hexagone. Je suis lucide. Cet hermétisme inconscient nous prive – entre autre – de l’incroyable chance que nous avons de pouvoir débourser l’équivalent d’un demi-smic tous les six mois pour acheter de si indispensables produits électroniques fabriqués dans les plus belles usines mondiales. Ce n’est pas tout. Cela frôle la maladie quand ce périmètre se rétrécit à nos clients. Ainsi traîner ses guêtres un samedi après-midi dans une galerie marchande devient une séance de torture pour tous. L’été, et son habituel triptyque parc, toboggans, services des urgences, n’échappe pas à la règle avec la contrainte supplémentaire de la rapidité d’action.  Quand le benjamin a décidé de jouer au bonneteau avec son cubitus, il peut s’avérer nécessaire de transiger et accepter l’âme en peine de se rendre dans le Centre Hospitalier où le produit concurrent est installé. Certes, je pourrais plastronner en indiquant que ce cas devient de plus en plus rare. En vérité, le cas qui disparaît est surtout de celui de l’établissement de santé dénué de technologies de virtualisation. Trois grandes raisons me semblent expliquer cette généralisation.

En premier lieu, une impulsion avec une réglementation et des budgets engagés par l’Etat sur ce secteur depuis de nombreuses années qui a apporté un cadre favorisant l’émergence de technologies de virtualisation en secteur hospitalier. Dès 2007, le plan Hôpital 2012 avait parmi ses principaux objectifs le développement des systèmes d’information, période où la virtualisation était en plein essor dans les entreprises et avait démontré les gains de productivité combinés à des réductions de coûts de fonctionnement. Il était cohérent que la santé s’en emparât. Cela se prolonge aujourd’hui avec le cadre réglementaire qui intègre des audits où certains critères sont difficilement mesurables hors virtualisation. Ainsi, par exemple, le critère de la disponibilité des applications devient véritablement réalisable à partir du moment où ces applications sont centralisées dans un data-center et non plus éparpillées sur tout ou partie des postes de travail.

Maîtriser la complexité est également une obligation de nos hôpitaux. Le cœur du système d’information hospitalier repose justement sur ses applications qui sont, par définition, complexes. Les applications métiers sont des applications lourdes évoluant régulièrement en fonction des contraintes réglementaires et nécessitent de ce fait, des mises à jour relativement fréquentes. Les déployer sur un environnement de postes de travail est une véritable difficulté. La virtualisation de ces applications a apporté une solution efficace et compatible avec des effectifs du secteur hospitalier qui stagne alors que les missions prises en charge se sont intensifiées. Par ailleurs, certaines applications nécessitent des ressources matérielles de plus en plus importantes et sont plus facilement pilotables dans des infrastructures centralisées.

La spécificité métier du monde de la santé se juxtapose parfaitement avec les particularités de la virtualisation. D’abord la mobilité. Le personnel soignant peut changer plusieurs fois de postes de travail et doit pouvoir retrouver un environnement applicatif immédiatement sans attendre de longues minutes l’ouverture d’un poste ou d’une session. Or la virtualisation gère naturellement le nomadisme des utilisateurs puisque les sessions avec les applications restent fonctionnelles sur les serveurs et un utilisateur n’a alors qu’à s’identifier sur le poste et retrouve instantanément son environnement. En quelques secondes. Cela se couple également avec des systèmes d’authentification par badge, carte à puce et même carte CPS. Le dispositif d’authentification est approché du poste et quelques secondes plus tard, le praticien peut consulter le dossier de son patient. Ensuite les accès depuis tout lieu. De plus en plus de médecins de ville accèdent depuis leur cabinet à des environnements ou des données liés à un centre hospitalier. Très simplement et de façon sécurisée la virtualisation leur permet de se connecter y compris avec du matériel hétérogène, d’ailleurs aujourd’hui les Macs sont souvent les ordinateurs les plus utilisés de l’extérieur par les médecins. Enfin, une des contraintes fortes du secteur hospitalier est la haute disponibilité de l’environnement informatique. Il est difficile d’imaginer un service des urgences dont les postes de l’accueil sont en panne ou en cours de mise à jour applicative en période de pointe. Cette haute disponibilité est assurée par la virtualisation via des mécanismes de redondance sur les serveurs et par des stratégies de mise à jour applicative sans interruption de production.

Le secteur de la santé a investi massivement dans le domaine de le virtualisation en y trouvant toutes sortes d’avantage et notamment une meilleure productivité pour un coût plus faible. Il n’est pas impossible qu’il soit encore précurseur sur des sujets qui deviennent stratégiques dans les prochains mois et années, l’hyperconvergence et le cloud privé dans les contextes de regroupement hospitalier ou les prochaines révolutions du poste de travail.