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Grand Compte, je t’aime moi non plus

Cher Grand Compte,

J’ai bien reçu votre courrier dont je me permets de reproduire la phrase qui résume l’ensemble : « Nous préférons ne pas vous retenir en raison de risques liés à la pérennité ».

Sauf votre respect, je crains que vous ne vous soyez trompé de destinataire. Je ne sais pas exactement auquel de nos grands compétiteurs américains, il était destiné, mais visiblement pas à nous. La presse depuis un an a certes énormément commenté l’actualité du secteur : « recherche d’un repreneur » « fond vautour » « …le départ au sommet de l’entreprise est en fait lié aux pressions du principal actionnaire… » « …et licencie 1000 salariés » « …baisse ses prévisions et va licencier 800 personnes » « …en vente, quels sont les acheteurs les mieux placés » « réorganisation » « et pourrait céder ou filialiser l’activité… », mais sincèrement, je ne pense pas que cela entame la confiance que vous pourriez avoir en leurs solutions.

En attendant, le sujet de pérennité est bien de ceux qui ne m’inquiètent pas particulièrement. Un fondateur toujours aux commandes de l’entreprise, des actionnaires familiaux et salariés, des investisseurs éthiques (A Plus Finance et BPI France), une croissance à deux chiffres depuis plusieurs années, une belle et forte rentabilité, plus de 10 recrutements sur le dernier trimestre, des innovations reconnues par les leaders d’opinions, etc.

Et, si vous aviez dû nous adresser ce courrier, j’avoue que je n’aurais pas su quoi vous répondre et vous proposer. Le code source de nos produits ? Une hypothèque sur mon logement ? Un engagement de mes descendants sur cinq générations ? Non, je ne vois pas ce qui aurait pu vous satisfaire plus que la belle réussite de notre PME française.

Je me permets également une autre remarque. Je ne suis pas le défenseur de nos concurrents, mais je ne trouve pas très fair-play de les faire travailler en avant-vente pendant autant de jours sur les qualités techniques et fonctionnelles de leur produit pour à la sortie exprimer un jugement dont le moins que l’on puisse dire est qu’il aurait pu être réalisé en amont de votre processus. Certes ces grands groupes sont solides, ils vont s’en remettre mais imaginez si un jour vous deviez envoyer ce courrier à une plus petite structure, vous pourriez créer les conditions d’une déstabilisation.

Bien évidemment, vous l’aurez compris, ce courrier nous était effectivement destiné. Avec un peu de recul, on s’en amuserait presque surtout si l’on sait que ce grand compte est une entité publique qui habituellement a plutôt vocation à fédérer les français sur son nom. Elle le mérite d’ailleurs et je sais faire la part des choses entre une décision individuelle avec laquelle je suis en désaccord et le comportement admirable de ses employés.

Pour autant, comme nous avons croisé régulièrement cette attitude au sein de grands comptes, il est intéressant de se demander, au fond, quel est le problème. Vous serez surpris si je vous disais que j’ai probablement une part de responsabilité. A force d’être dans le courant de notre compétition, de répondre que oui, globalement, nous faisons comme nos grands compétiteurs américains, nous  avions perdu notre âme et probablement nous n’avons pas assez affirmé nos innovations absentes chez nos concurrents.

Alors cher Grand Compte, j’ai une excellente nouvelle pour vous, légèrement moins bonne pour nos concurrents. Nous sommes différents. Nous sommes Systancia. Venez le découvrir le 26 mai à notre keynote.