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Où il est question de BYOD pour les écoles, accessoirement de châteaux

 

En cette période estivale, je débute l’activité habituelle du vacancier qui, exposé quelques minutes à la silice iodée fabrique à la pelle, dans une improvisation totale, sommiers et voussoirs en soutien de clés de voûte improbables formant un ensemble baroque et éphémère qui n’a rien à envier aux pâles copies médiévales. Bref, le traditionnel château de sable avec mes enfants.Activité ponctuée par l’autre « plaisir » des vacances, les séances de torture devant les cahiers qu’un génial éditeur a qualifiés de vacances, pour sournoisement tromper nos chères têtes blondes. A cette occasion, nous découvrons les documents de préparation de rentrée avec pour notre aîné une nouveauté : l’usage d’un ordinateur à l’école et à la maison. Notre enfant découvrira les joies de l’outil informatique sur un des PC portables du foyer et dans quelques années sur le sien qu’il emmènera en classe. PC portable ou tablette d’ailleurs.

Après cette digression liminaire parfumée d’embruns normands, le sujet ici est de poser la question d’un vrai usage du BYOD (Bring Your Own Device) dont le principe fondateur est justement que l’utilisateur travaille avec son propre matériel et non celui mis à disposition par l’école ou l’entreprise. Je reviendrai une fois prochaine sur le BYOD appliqué aux entreprises en relayant, sans grande originalité, un scepticisme grandissant. L’école n’est-elle pas, en revanche, le lieu par excellence de la mise en œuvre de cette approche ?

Tout d’abord, force est de constater que les collectivités, puissances financières du matériel informatique de l’école au lycée, à de rares exceptions près, ne parviennent pas à financer un matériel informatique, PC portable ou tablettes, qui puissent circuler entre l’école et le domicile. Au-delà du coût, les expérimentations menées ont démontré que dans certains cas, trop nombreux visiblement pour le trésorier-payeur général, le matériel prêté pouvait connaitre des situations extrêmes et aux conséquences irréversibles auxquelles il n’était pas préparé ; à tel point que dans certains établissements, il était demandé aux élèves de le laisser à la maison.

La solution alternative est que l’enfant vienne avec son propre matériel. Cela soulève plusieurs questions qui seront identiques en entreprise mais n’auront pas obligatoirement les mêmes réponses. Avant cela, de souligner un premier avantage selon certains : il sera fait plus attention au matériel qui est la propriété de l’utilisateur, à une ascendance près.

La première qui se pose est celle de l’équité devant la dépense pour des foyers aux revenus différents. Il s’agit d’une juste préoccupation et du point d’attention majeur pour cette approche. Néanmoins plusieurs éléments permettent non pas de l’occulter mais de montrer qu’un chemin existe. Tout d’abord, une partie des économies réalisées par la collectivité qui n’équipe pas tous les enfants peut servir justement à subventionner les familles qui en auraient véritablement le besoin. Ensuite le prix des matériels, notamment les tablettes, a considérablement chuté ces dernières années pour les acheteurs sauf pour ceux qui tiennent définitivement à croquer la pomme.  Enfin, les précédents existent avec les Environnements Numériques de Travail qui ont créé les premiers usages nécessitant à la maison un outil informatique avec au final très peu de situations difficiles à gérer en termes d’équipement.

La seconde question concerne l’impact de l’arrivée d’un outil personnel au sein d’un établissement scolaire : quid de la sécurité de l’informatique de l’établissement ? de la concentration de l’élève qui peut être tenté de se divertir avec son matériel personnel plutôt que de travailler ? de l’appréhension des enseignants qui seront confrontés à un matériel totalement hétérogène ? Ce sont de vraies objections et effectivement le BYOD seul ne résout rien. Mais ne nous trompons pas de sujet, le BYOD n’est rien d’autre qu’une solution pour mettre à disposition le matériel. Nous devons ensuite déterminer de quelle façon l’élève accédera à son environnement utilisateur.

Ce dernier quand il arrive dans son établissement avec sa tablette, se connecte au Wifi de l’établissement et accède immédiatement à un environnement virtualisé qui comprend applications et données scolaires et qui vient se « poser » sur son ordinateur sans en changer la nature :

  • Ce bureau virtuel est exclusif. Il prend le pas temporairement, dans l’enceinte de l’établissement, sur l’environnement personnel. La connexion internet contrôlée est limitée à ce bureau virtuel.
  • Ce bureau virtuel est sécurisé car étanche. Toute contamination virale de l’environnement personnel vers le bureau virtuel scolaire, et donc l’environnement informatique de l’établissement, devient impossible.
  • Ce bureau virtuel est compatible avec tout environnement personnel. Que l’élève vienne avec un PC Windows, un iPad ou une tablette Android, le bureau virtuel fonctionnera au-dessus dans les mêmes conditions, donnant le sentiment de l’homogénéité pour l’enseignant.

Le BYOD règle ainsi la question du matériel, un bureau virtualisé apporte au-dessus un environnement sécurisé composé des applications et données de l’environnement scolaire.

Il y aurait encore beauco4up de points à évoquer sur le sujet mais déjà la tour de guet reçoit les premiers assauts de la marée montante accompagnée de son furieux cortège d’algues passe-muraille. L’heure est grave, la princesse est en danger. Je file.